Duel au sommet entre deux intégrés d’exception
Aujourd'hui nous nous retrouvons pour un match entre deux titans du monde des amplificateurs intégrés haut de gamme.
D’un côté, le tout nouveau Pendulum de Dan D’Agostino, modèle le plus accessible de la marque américaine.
De l’autre, le très ambitieux MA12000 de McIntosh, véritable vitrine technologique du constructeur aux célèbres vu-mètres bleus.
Présentation des deux challengers

McIntosh MA12000
Le MA12000 est un amplificateur intégré hybride combinant une section de préamplification à tubes (quatre 12AX7A) et une amplification à transistors délivrant 2 x 350 W.
Sa particularité réside dans l’utilisation des transformateurs de sortie Autoformer, technologie chère à McIntosh, permettant de délivrer la même puissance sous 2, 4 ou 8 ohms — un avantage déterminant en termes de compatibilité et de stabilité.
Côté connectique, le MA12000 est extrêmement complet :
- 10 entrées analogiques (dont phono MM/MC réglable)
- entrées symétriques et asymétriques
- module DAC intégré avec HDMI ARC, optique, coaxial et USB

Dan D’Agostino Pendulum
Changement radical d’approche avec le Pendulum.
Premier élément marquant : le format, beaucoup plus compact que les standards habituels de la marque. La façade, épurée, s’articule autour de deux commandes (volume et sélection de source) encadrant un écran LCD inspiré de l’horlogerie suisse, affichant la puissance en temps réel.
À l’intérieur, on est sur une préamplification 100 % transistor, qui reprend des éléments développés pour le Momentum C2.
L’amplification est également à transistors, avec 2 x 120 W sous 8 ohms et 2 x 240 W sous 4 ohms — un doublement de puissance qui témoigne d’une alimentation sérieuse.
On retrouve un transformateur torique de 740 VA et une réserve de 25 000 µF.
Côté connectique, le Pendulum dispose de :
- 3 entrées XLR (dont une en bypass home-cinéma)
- carte phono MM/MC optionnelle
- carte streamer/DAC optionnelle (Ethernet, Wi-Fi, HDMI ARC, optique)
Nous voyons donc que le Pendulum est moins complet et possède moins d'entrées que le McIntosh, néanmoins sa carte streamer optionnelle peut faire de lui un véritable amplificateur connecté, pour les consommateurs de musique dématérialisée.

Pourquoi ce match ?
La raison est simple, ces deux amplificateurs évoluent dans une zone tarifaire similaire et représentent chacun une vision forte de la haute fidélité. Ils doivent faire parti de votre liste d’écoute si vous êtes a la recherche d’un intégré d’exception.
Pour les départager, nous les avons associés à une référence incontournable : les Wilson Audio Sabrina X, reconnues pour leur transparence, leur exigence et leur capacité à révéler la personnalité des électroniques.
Les câbles (secteur et HP) sont des Shunyata Research série Alpha, pour rester sur quelque chose de neutre et de référentiel.

Écoutes comparatives
On commence par le MA12000 : plus simple pour nous, on le connaît parfaitement, et c’est clairement l'un de nos coups de cœur de ces dernières années.

Diana Krall — How Deep Is the Ocean
Un sublime morceau pour juger l'émotion et la qualité de timbre d'un système.
MA12000
Dès les premières notes, on retrouve la signature McIntosh :
une restitution chaleureuse, charnelle, avec une voix enveloppante et riche.
Le rendu est séduisant, presque “romantique”, avec une texture typiquement tube. Ce morceau nous rappelle pourquoi on aime tant le MA12000.
Pendulum
Même exercice, et les différences sont nettes.
On a deux philosophies. Le Pendulum est moins suave, moins “sweet”.
On perd un peu de chaleur, mais on gagne en lisibilité.
La voix reste très émotionnelle, mais plus droite.
Le piano notamment (vers 3 minutes) est plus net, mieux ancré.
Sur ce morceau, difficile de trancher : c’est vraiment une question de caractère et de goût.

Mahler — Symphonie n°3 (Mariss Jansons)
Même si ce n’est pas le registre le plus simple pour nous, c’est indispensable pour juger la tenue d’un système sur une grosse masse orchestrale.
MA12000
Très belle cohérence globale. Les instruments sont bien placés, l’ensemble est solide.
Mais dans les passages chargés (vers 23 minutes), la grosse caisse prend légèrement le dessus, et le message devient un peu plus flou.
On reste à un niveau très élevé, mais avec une exigence poussée, on peut vouloir plus de lisibilité.
Pendulum
Là, la différence est nette.
Le contrôle est supérieur, notamment dans le bas du spectre. En effet, le grave est mieux tenu, plus strict, sans tomber dans quelque chose de froid.
Chaque pupitre reste parfaitement lisible, même dans les crescendos complexes.
Sur ce morceau, avantage net au Pendulum pour sa rigueur et sa maîtrise.

Coladito — Unplugged
Un morceau très rythmé, très exigeant, parfait pour tester la réactivité.
MA12000
Ça fonctionne, l’écoute est agréable.
Mais vers 40 secondes, sur les effets de stéréo, on manque d’ouverture. La scène est un peu resserrée. Le message manque d’aération et de précision sur les passages rapides.
Pendulum
C'est sur ce morceau que la différence est la plus flagrante.
La scène s’ouvre, la stéréo est bien en place. Le jeu de stéréophonie qui nous manquait sur le MA12000 est ici bien présent.
Le grave est beaucoup plus rapide, plus percutant, sans manquer de vie pour autant. Et surtout, on récupère beaucoup plus de micro-informations dans le reste du spectre, du bas médium à l'aigu. Le rendu est plus vivant, plus immersif.
Nous avons switché plusieurs fois entre les deux amplis pour affiner. Le MA12000 tient très bien la comparaison, mais en passage direct A/B, le Pendulum paraît plus rapide, plus lisible.
Les détails sont là sur le McIntosh… mais il faut aller les chercher. Avec le Pendulum, ils sont plus évidents, plus naturels.
Conclusion
Le McIntosh MA12000 séduit par son caractère affirmé :
une restitution chaleureuse, émotionnelle. C'est une vraie machine à émotions sur certaines voix et enregistrements. Mais c’est aussi ce caractère qui peut parfois limiter sa polyvalence.
Le Pendulum, plus neutre et plus rapide, impressionne par sa cohérence globale.
Il s’adapte à tous les styles avec une rigueur et une transparence remarquables.
Sur ce match, le gagnant est le Pendulum.
Il vient clairement rebattre les cartes sur le segment des intégrés haut de gamme, avec une approche plus moderne, plus précise, mais toujours musicale.

Le mot de la fin
Nous le répéterons encore et toujours, mais rien ne remplace une écoute avec vos oreilles et votre sensibilité.
Le mieux reste encore de venir vous faire votre propre avis… et choisir votre vainqueur. Ces deux amplificateurs sont disponibles à l’écoute dans vos magasins Club Hifi.
Prenez rendez-vous, installez-vous confortablement… et laissez la musique décider.
